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Kees van Dongen, Peintres Paris

Kees van Dongen est un des peintres fauves les plus remarquables et les plus populaires du Paris des années folles.

Né en 1877 aux Pays-Bas, Van Dongen a commencé son éducation artistique à l’âge de 16 ans à l’Académie Royale des Beaux Arts à Rotterdam. Pendant 5 ans, il s’inspirera de la vie du port, des marins et des prostituées du quartier rouge pour s’exercer à son art. En 1887, son diplôme en poche, il part pour Paris quelques mois avant de s’y installer de manière permanente en 1899 avec Augusta Preitinger,  rencontrée aux Beaux Arts et qu’il épouse dans la foulée.  Van Dongen expose à Paris, rencontre Matisse et Vlaminck. Il se fait remarquer en 1905 en participant à l’exposition controversée ‘Salon d’Automne’, à laquelle participe également Matisse. Les couleurs vives utilisées par ces artistes donneront son nom au courant qui les caractérisera : le fauvisme. Ce groupe d’avant-garde compte d’autres grands noms avec qui il collabore : Rousseau, Marquet, Vlaminck…

Mondain, Van Dongen développe rapidement son carnet d’adresse, devient ami avec Picasso et commence à vendre ses œuvres et réaliser des portraits pour les stars de l’époque et l’élite parisienne dans les années folles. Dans ce qu’il appelle la « période cocktail », Van Dongen croque ainsi Arletty, Maurice Chevalier ou encore Sacha Guitry.

Son style si particulier le rend vite populaire. Focalisé principalement sur le corps féminin, il le déforme et l’embellit par la couleur et la lumière. Ses œuvres sont souvent empreintes d’une sensualité troublante, voire érotique, souvent explicite. La lucidité de Van Dongen le rend cynique, notamment quand il déclare que « l’essentiel est d’allonger les femmes et de les amincir. Après, il faut juste grossir leurs bijoux. Elles sont ravies ». Van Dongen reste néanmoins poétique « la peinture est le plus beaux des mensonges ».

Il reçoit la Légion d’Honneur en 1926 et la nationalité française en 1929, alors que deux de ses œuvres entrent au Musée d’Orsay. Le personnage commence à perdre de sa superbe lorsqu’il participe en 1941 avec sept écrivains français au voyage politique organisé par Goebbels, ministre de la propagande nazie.

Connaître le succès si tôt est souvent synonyme de perte d’éclat par la suite, ce qui fut le cas pour Van Dongen. S’il a travaillé avec de grands modèles, comme Brigitte Bardot, ses peintures ont par la suite perdu de leur éclat et de leur vitalité, privant Van Dongen d’une plus grande influence sur l’art moderne, ce que laissait présager ses travaux des années 1920. Il est mort à Monte Carlo en 1968.